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Paul Gilbert est aussi redoutable en cuisine que la guitare à la main



Plus j’écoute Paul Gilbert jouer et plus je lis d’interview du bonhomme et plus je le trouve éminemment sympathique. Mais depuis que je sais qu’il a une réelle passion pour la cuisine et la gastronomie, ça empire. Je suis récemment tomber sur le Net sur une interview qu’il a faite sur un site appelé Attention Deficit Delirium, et après avoir demandé l’autorisation au propriétaire des lieux, je me permets de vous proposer une traduction de cet article qui va vous montrer ce grand guitariste sous un jour étonnant. Mais transparaît toujours à travers cette conversation le sens de l’humour du monsieur.

paul gilbert

Quand as-tu d’abord développé cette passion pour la cuisine ? Est-ce que tu as pris des cours de cuisine ?
J’ai toujours aimé manger. J’ai grandi à la campagne en Pennsylvanie, où la plupart des gens ne sont pas du genre aventureux avec la nourriture, mais mes parents étaient tous les deux d’excellents cuisiniers et essayaient un peu tout. L’une des rare fois où je me souviens que mon père s’était mis en colère contre moi était quand je me plaignais à propos d’un plat que ma mère avait préparé. Il a dit, “Si tu ne l’aimes pas, tu peux ne pas le finir. Mais tu dois au moins essayer. Et arrête de geindre !” Ça m’a paru raisonnable, et quand je me suis finalement décidé à essayer, tout était bon en fait.

J’ai pris des cours de cuisine au lycée. Les garçons n’étaient pas vraiment supposé suivre ces cours. J’ai pris le risque que l’on se moque de moi. Mais je savais que j’allais déménager à Hollywood pour aller dans une école de guitare. Et je savais que mes parents ne seraient pas là pour cuisiner pour moi, alors j’ai pensé que j’avais tout intérêt à savoir le faire moi-même. Mais en réalité, ma meilleure éducation s’est faite grâce au livre de cuisine chinoise au wok que ma mère m’avait envoyé pour mes 18 ans. J’ai juste suivi les recettes aussi précisément que j’ai pu, et comme par magie, j’avais du poulet épicé aux cacahuètes dans ma cuisine. Peu de temps après, je cuisinais avec un tas d’ingrédients que je n’avais encore jamais essayé : calamar, poireaux, gingembres, champignons shiitake, et j’ai continué à partir de là.

paul gilbert homard

Quels sont les trois plats que tu préfères cuisiner et pourquoi ?
Trois ? Voyons … Ma femme me demande toujours mes coquilles Saint Jacques panées avec sauce cocktail (NDLR : des coquilles Saint Jacques panées, jamais je n’aurais pensé à faire ça !!). D’habitude, je cuisine quelques asperges en accompagnement et une salade de concombres et tomates avec de l’huile d’olive et du vinaigre balsamique.
J’ai toujours eu du succès avec mes bouchées frites gyoza. J’émince du chou que je fais cuire à l’eau, ensuite j’en extrais toute l’eau et je le mélange avec du poulet ou du porc, des petits oignons, de la sauce soja et de l’huile de sésame. Mettre la farce dans des feuilles spéciales pour bouchées asiatique (NDLR : de la pâte à wonton je pense) – je les faisais moi-même, mais celles du commerce sont assez bonnes et ça prend moins de temps – puis les frire dans un petit peu d’huile. Quand elles sont un peu dorées, mettre un peu d’eau (NDLR : attention aux projection !!) et couvrir rapidement pour les laisser finir de cuire à la vapeur. La sauce est composée d’huile chinoise au piment, de vinaigre blanc japonais et de sauce soja. Elles sont excellentes.
Ma dernière spécialité serait certainement les tartes. J’ai fait des tartes pêche nectarine myrtille qui étaient tellement bonnes que c’en est ridicule. Je ne sais pas si je pourrais les refaire. Je pense que je suis tombé sur un lot de très bonnes pêches. Oh, et j’oubliais presque ma sauce aux trois fromages avec pâtes fraîches coupées à la main. Ça fait un bail que je ne l’ai pas faite. Je pense que c’est le moment !

Si tu pouvais construire une guitare avec une thème  » alimentaire », à quoi elle ressemblerait et pourquoi ?
J’ai déjà une guitare saké Kikusui, bien que ce soit une boisson et pas un aliment. Mais c’est tellement cool ! Les boutons sont faits avec des capsules de bouteille de saké, la plaque de protection a le même design que l’étiquette et il y a un kanji doré (NDLR : les caractères japonais) qui veut dire “Kikusui” en japonais. Si je devais faire une guitare avec un aliment … hmmm, un homard serait bien. Ou peut-être des baguettes de pain alignées.

Est-ce qu’il y a des chefs que tu admires ?
Mes parents, ma femme. Mon chef favori pour les sushis, Ike-san, à Pasadena. Et n’importe quel chef au japon. J’ai vécu là bas pendant 2 ans et la nourriture y est excellente. Il n’y a pas que la nourriture japonaise. Quelques unes des meilleures cuisines  française, italienne , chinoise et espagnole que j’ai goûtées, c’était au Japon. Mais dans un sens, ce n’est pas la capacité du chef à cuisiner que j’admire. C’est sa capacité à acheter les bons produits. Je n’aime pas les cuisines « m’as tu vu » dans laquelle les produits ont été manipulés jusqu’à ce que l’on ne les reconnaissent plus. Je veux des ingrédients frais, préparés avec amour. Un de mes plats préférés au Japon est le calamar vivant, quand la chair de la tête — Je pense que cette grosse et longue partie est la tête — est juste coupée en petits sashimis. C’est très simple et ça ne pourrait pas être plus frais. En fait, les yeux et les pattes du calamar ont encore assez de vie en eux pour bouger un peu. Et c’est bon. J’admire ce chef et je remercie ce calamar.

Via Attention Deficit Delirium

[Restaurant] Le Julianon

Quand j’aime un restaurant, j’aime vous faire partager l’adresse. Ce fut le cas avec le Thaï Spices, ce délicieux restaurant thaï parisien. Mon dernier coup de coeur est le Julianon, un charmant petit restaurant (une vingtaine de couverts) situé dans la vieille ville de Senlis, juste en face de la Sous Préfecture pour ceux qui connaissent.

Nous avons tenté l’expérience un midi. Car on peut parler d’expérience pour un restaurant qui n’a pas de carte le midi. Il n’y a qu’un menu unique imposé, pour 24 euros, avec entrée, plat et dessert, ce qui est tout à fait raisonable pour ce type de restaurant.

Ce jour là, nous avons eu droit à un fenouil cuit dans un bouillon à la citronnelle avec une tranche de fois gras poché. Le mélange du fenouil et du foie gras était délicat et délicieux. Une très bonne idée. Le fenouil était très tendre (j’adorerais en avoir des tendres comme ça à la maison !!) et surtout le foie gras était vraiment goûteux. Fondant, cuit à point et avec un très bon goût. Le bouillon était léger, mais je n’ai pas retrouvé la citronnelle promise.

Le plat de résistance était une longe de porc aux deux choux et ses poix chiches aillés (de mémoire). Ce n’est pas un morceau de viande très glamour, mais encore une fois c’était goûteux, même si la pièce n’était pas très tendre. La garniture quant à elle était composée de chou fleur et de brocoli, légèrement caramélisés (à la poêle je suppose) avec des pois chiche et disposé sur le dessus de la viande un mélange de pain et d’ail. Mélange étonnant mais réussi. Bref, un plat correct, mais pas une révélation.

En dessert, la simplicité régnait car ce jour là c’était coupe de fruits rouges (fraises et framboises) avec une chantilly au kombawa. Et le mélange entre les fraises, la chantilly et cet agrume bizarre était très réussi à mon goût. de plus, les fraises étaient vraiment excellentes, très fraîches et sucrées. Par contre, j’ai beaucoup moins apprécié les framboises qui elle étaient surgelées, mais surtout encore congelées dans ma coupe. Ça gâchait un peu le plaisir.

Donc dans l’ensemble un bon repas jusqu’à ce que l’addition arrive. En effet, nous avions pris un apéritif maison (très bon d’ailleurs : champagne, Cointreau et sirop de mangue) et de l’eau … enfin dans mon esprit c’était une carafe d’eau et c’est une demie bouteille d’Evian déjà débouchée qui est arrivée sur la table. Je n’ai pas vraiment apprécié de n’avoir aucun choix. Mais bon j’aurai dû préciser. Quoi qu’il en soit 5 euros la demie d’Evian et 14 euros chaque cocktail, j’ai eu un peu de mal …

Mis à part ce petit désagrément, je vous conseille quand même de tenter l’adresse, car le chef a le mérite de se renouveler tous les jours et rien que pour ça, une visite s’impose. Et si vous n’aimez pas les surprises, le menu du midi est affiché sur le site dès le matin, donc vous pourrez vous faire une idée.